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À Montpellier, deux patients aveugles retrouvent une vision partielle en noir et blanc après une opération

Par Timothy G.| 50 392 partages

Deux patients atteints de rétinite pigmentaire, opérés à la clinique Saint-Jean de Montpellier, ont retrouvé une vision partielle en noir et blanc, grâce à la pose d’un implant.

Durant l’intervention, les médecins ont installé sur chaque patient un implant rétinien développé par la société allemande Retina Implant, rapporte Midi Libre. Fabrice Ramos est le premier Français à avoir bénéficié de cette opération. Ce professeur de musique de 49 ans est devenu aveugle suite à l’évolution d’une rétinite pigmentaire. L’opération s’est déroulée le 15 septembre 2018 à la clinique Saint-Jean de Montpellier et a été un succès.

Des patients aveugles retrouvent une vision partielle grâce à l’installation d’un implant. Crédits photo : Shutterstock / Romaset

Une deuxième patiente, originaire de Saint-Etienne, a été opérée le 8 décembre dernier toujours avec succès et évoque le jour où elle « a revu la neige sur les bords de la route en janvier dernier ». Un troisième patient, originaire de Bordeaux, est programmé courant avril. C’est une avancée pour les personnes malvoyantes, pour qui se dessine l’espoir d’une autre vie.

Le chirurgien ophtalmologue, Pierre-André Duval, en charge de l’opération du premier patient rappelle que « l’objectif n’est pas encore de voir normalement. Le champ de vision est restreint, à 13°, on voit en noir et blanc, on perçoit les contrastes, les formes, les silhouettes. L’étude devra montrer qu’il y a un intérêt pour la vie quotidienne ».

La prothèse fonctionne grâce à un processeur de la taille d’une pièce de 2 € positionné dans une cavité crânienne, au-dessus de l’oreille, qui amplifie le signal lumineux. Le circuit classique de formation d’une image, via le nerf optique, jusqu’au cerveau, est maintenu. Un boîtier connecté au processeur, installé au niveau de la ceinture, permet de régler la sensibilité du dispositif.

Crédits photo : Jean-Michel Mart

Alors que Luc Licari, directeur de communication et du développement de Retina France, est enthousiaste affirmant qu’à « moyen terme, la rétine artificielle assurera aux malades un quotidien acceptable ». La présidente de SOS Rétinite, Monique Roux, est sceptique quant à l’intérêt des implants artificiels, révélant que « les résultats ne sont pas probants ». Elle est davantage confiante pour la thérapie génique, avec des cellules souches susceptibles de restaurer la fonction visuelle.

Cette greffe de rétine artificielle était une idée portée en 2014 par Christian Hamel, ancien chercheur à l’institut de neurosciences. Décédé depuis, l’association SOS Rétinite s’était mobilisée pour financer la première opération. En novembre 2014, le président de la société Retina Implant s'était rendu à Montpellier et avait affirmé sa volonté de collaborer avec une équipe française. La clinique Saint-Jean, forte d’un « savoir-faire en ophtalmologie » était sur les rangs.

Il a fallu attendre le feu vert de la Haute autorité de santé et le déblocage d’un crédit innovation recherche du ministère de la Santé pour lancer le projet. 3 millions d’euros, soit 135 000 € l’intervention, ont été nécessaires pour la pose de vingt implants allemands. À terme, 40 patients sont prévus et les implants ont une durée de vie de cinq ans.

Gardons en tête, qu’en France, près de 1,7 million de personnes sont atteintes d’un trouble de la vision, et un aveugle naît toutes les 15 heures, d’après les chiffres de la fédération des aveugles de France.

Source : Midi Libre
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