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Le Japon reprend la chasse à la baleine 30 ans après

Par Timothé G.| 20 050 partages

Les baleiniers japonais ont repris la mer ce lundi pour leur première chasse commerciale depuis près de 30 ans. Cela fait suite à la décision prise, il y a six mois, par le gouvernement, de quitter la Commission baleinière internationale (CBI) et de s’affranchir donc d’un moratoire.

L’un des principaux arguments concerne le fait que cette chasse fait partie de la tradition. Les personnes âgées se souviennent que la baleine était leur seule source importante de protéine lors de la disette d’après-guerre. À Kushiro, sur l’île septentrionale de Hokkaido, plusieurs élus ont assisté à une cérémonie pendant laquelle cinq navires munis de harpons ont appareillé.

Président d’une association de baleines, Yoshifumi Kai explique à l’AFP : « C'est une petite industrie, mais je suis fier de chasser les baleines. La pratique existe depuis plus de 400 ans dans ma cité ».

Même son de cloche pour Hideki Abe, une jeune de 23 ans qui n’a jamais participé à une telle mission : « Je suis un peu nerveux, mais heureux que nous puissions commencer. Je souhaite que davantage de personnes goûtent de la baleine, au moins une fois ».

Crédit photo : AFP /Kazuhiro NOGI

D’après un responsable du ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche, les baleines sont des ressources comme peuvent l’être les poissons : « Nous estimons que les baleines sont des ressources marines comme les poissons et qu'elles sont utilisables sur la base de critères scientifiques ».

Un quota a été déterminé afin de ne pas nuire aux espèces. Ils pourront réaliser 227 prises d’ici décembre dans les eaux territoriales japonaises et dans la zone économique exclusive du pays. Pour autant, parmi ces 227 prises, 150 concernent le Rorqual de Bryde, 52 la Baleine de Minke (quasi menacée) et 25 pour le Rorqual boréal (en danger).

Crédit photo : AFP /JIJI PRESS

Pendant ces trente dernières années, les navires japonais se rendaient en haute mer pour tuer les baleines « pour des raisons scientifiques », cette exception étant la seule tolérée par la CBI. Les missions de recherche avaient eu lieu en Antarctique et dans le nord-est du Pacifique il y a 32 ans et 25 ans.

Cependant, parmi ces baleines chassées à des fins scientifiques, une grande partie de leur chair se retrouvait à la suite en vente sur les étals des poissonniers. Ce qui leur a valu de nombreuses critiques de la part de leurs détracteurs qui voyaient cela comme une simple excuse pour continuer à pêcher.

Patrick Ramage, directeur du programme conservation marine du Fond international pour le bien-être animal (Ifaw) a déclaré : « J'y ai beaucoup réfléchi pendant de nombreuses années. C'était un fantasme et maintenant le fantasme se réalise. Le Japon est en train d'arrêter la chasse à la baleine en haute mer, pas encore un arrêt complet, mais c'est un énorme pas vers la fin ».

Source : AFP
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