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À cause d'Alzheimer, un couple de Bretons a été débarqué d'une croisière en Italie

Par Justine B.| 4 940 partages

Jean et Marie Mérel fêtaient tranquillement leurs 50 ans de mariage sur un bateau de croisière. Mais le charme a rapidement été rompu  : le personnel a forcé le couple de Bretons à quitter le paquebot pour débarquer dans les pouilles italiennes. En cause : Marie, atteinte de la maladie d'Alzheimer, a été jugée « personne à risque ».

Jean et Marie Mérel n'ont pas vécu la croisière de rêve à laquelle ils s'attendaient. Crédits : Capture vidéo LCI

Ce devait être l'occasion pour Jean et Marie Mérel, un couple de retraités des Côtes-d'Armor, de célébrer leurs 50 ans de mariage. Mais ça a viré au cauchemar.

Il y a environ quatre mois, Jean Mérel, 78 ans, décide d'offrir à sa femme, 81 ans, une croisière en Méditerranée pour fêter leurs noces d'or. Le 13 mai dernier, ils embarquent ainsi à Venise sur un paquebot de la compagnie MSC Croisières direction Santorin, en Grèce, pour huit jours qui devaient être de pur bonheur.

Ce séjour en amoureux était aussi le moyen pour Jean Mérel de sortir sa compagne, atteinte de la maladie d'Alzheimer, de son quotidien. En amont, le mari avait reçu « l’aval du médecin traitant » et celui du gériatre « qui suit Marie depuis six ans, à l’hôpital de Tréguier (22) », explique-t-il au Télégramme. Selon lui, « personne ne leur a contre-indiqué cette escapade, bien au contraire », assure-t-il.

À l'arrivée, ce dernier se rend compte que la porte de la chambre ne se verrouille pas de l'intérieur. Il demande alors à une hôtesse s'il est possible d'installer un système de sécurité pour fermer la cabine et éviter ainsi les fugues nocturnes de sa femme, qui « confond la porte des toilettes et celle de la sortie ». C'est à partir de cette simple requête que le voyage de rêve tourne à la catastrophe.

Après plusieurs discussions infructueuses avec des membres de l'équipage, le couple est amené à consulter le médecin du bateau. Le professionnel de santé établit un diagnostic sans même ausculter la patiente. « L’incompréhension était totale », se souvient Jean.

Quelques heures plus tard, l’équipage indique à l'homme « que sa femme doit être débarquée dans un hôpital de Brindisi », soutenant qu'il s'agit d'une « personne à risque ». « Ils m’ont proposé de rester sur le bateau et de laisser ma femme derrière moi. C’est inhumain », s’insurge le vieil homme. Jean refuse bien entendu de laisser sa femme seule et le couple est finalement « abandonné » dans cette ville des Pouilles, au sud de l’Italie, au bout du deuxième jour de leur voyage. Ils sont alors à 2 200 kilomètres de chez eux, perdus et livrés à eux-mêmes.

Le couple a heureusement gardé un contact constant avec ses trois enfants restés en France. « Ils ont été d’un grand secours. Ils ont déniché un vol retour après de multiples démarches. On est passés par Genève avant d’arriver à Nantes. On n’a pas eu d’autre choix que de se débrouiller », raconte le septuagénaire. Entre les vols, le taxi, l'hôtel et les autres dépenses, les deux Bretons déboursent plus de 3 000 euros pour arriver à bon port.

Aucun « manquement » de la part de l'équipage

Jean reste très marqué par ce périple. « Psychologiquement, c’est encore difficile », confie-t-il au quotidien breton. Et il ne compte pas en rester là  : il a d’ores et déjà contacté un avocat de l’association France Alzheimer, qui pourra l'appuyer dans les démarches. « Nous ne réclamons pas une somme astronomique. Mais au moins, un dédommagement. Il y a aussi le facteur humain. Notre voyage a été complètement gâché », explique-t-il.

Patrick Pourbaix, le directeur général de MCS Croisières France, déplore pour sa part « une situation difficile » et s'est dit « désolé ». Toutefois, il n'y a pour lui aucun « manquement du côté de l’équipage », affirmant que les demandes liées aux problèmes de santé de Marie auraient dû être anticipées lors de la réservation. « Nous demandons expressément aux clients de remplir un formulaire si un problème médical est avéré. Ce qu’ils n’ont pas fait. Les consignes de sécurité n’ont pas été respectées », explique-t-il.

Ce dernier affirme par ailleurs qu'une aide a été apportée au couple de retraités pour trouver un taxi et un hôtel une fois débarqués. Et il ne semble pas prêt à rembourser les deux Bretons. « Si toutes les dispositions sont prises en amont, nous sommes d’accord pour faire une belle réduction sur une nouvelle croisière », assure-t-il au Parisien. Pas certain que le couple ait envie de retenter l'aventure.

Source : Le Télégramme
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