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L'Alabama vote la loi la plus répressive des États-Unis sur l'IVG

Par Mathieu D.| 7 438 partages

L'État américain de l'Alabama est en passe d'interdire totalement l'avortement même en cas d'inceste et de viol.

L’avortement est un droit bien fragile par les temps qui courent et sa perpétuelle remise en question rappelle à quel point celui-ci n’est jamais acquis. Sa défense demeure un combat de tous les instants, tant il est menacé par un retour à des dogmes conservateurs.

Dernier exemple en date, le vote par les sénateurs de l’Alabama de la législation la plus restrictive contre l’IVG, aux États-Unis.

Déjà adopté par la Chambre des représentants au début du mois - le régime parlementaire américain étant bicaméral à l’échelle nationale comme fédérale -, le projet de loi sera bientôt transmis par le Sénat, majoritairement républicain, au cabinet de la gouverneure de l’État, Kay Ivey, afin d’être promulgué.

Il prévoit notamment des peines de prison allant de 10 à 99 ans pour les médecins qui pratiqueraient une IVG.

« Vous venez de violer vous-même l’État de l’Alabama »

Autre aspect du caractère ultra-répressif de cette loi : l’intransigeance en toutes circonstances. Ainsi, aucune exception n’est prévue y compris dans des situations extrêmes comme une grossesse provoquée par le viol ou l’inceste.

En définitive, l’avortement ne pourra être autorisé qu’en cas d’urgence vitale pour la mère, ou si le fœtus présente une « anomalie létale ».

Cette décision, loin de faire l’unanimité, n’a pas manqué de faire réagir outre-Atlantique. L’Association de défense des droits civiques a d’ores et déjà annoncé son intention de porter l’affaire en justice afin d’empêcher la promulgation du texte.

« Vous venez de violer vous-même l’État de l’Alabama », a déclaré pour sa part le sénateur démocrate Bobby Singleton dans un discours empli d’émotion, prononcé suite au rejet d’un amendement qui prévoyait des exceptions à cette interdiction.

Au-delà de leur volonté d’inscrire le délit d’avortement dans la loi, les défenseurs du projet souhaitent avant tout se rendre devant la Cour suprême des États-Unis afin d’inciter cette dernière à revenir sur une décision historique qu’elle a prise en 1973, au sujet de l’IVG. Un arrêt connu sous le nom de « Roe v. Wade ».

D’une importance capitale, ce dernier reconnaissait - pour la première fois aux États-Unis - le droit des femmes à avorter, sous conditions.

Pour rappel, 28 États américains ont adopté de nouvelle règles visant à limiter l’accès à l’avortement, depuis le début de l’année. Le Kentucky et le Mississippi ont par exemple décidé d’interdire purement et simplement les IVG dès que les battements du cœur du fœtus sont perceptibles, soit dès la sixième semaine de grossesse environ.

Source : Le Monde
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