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Fukushima : le gouvernement japonais pourrait autoriser le « rejet contrôlé » des eaux contaminées dans le Pacifique

Par Mathieu D.| 819 partages

Les autorités japonaises réfléchissent à l’idée d’autoriser le « rejet contrôlé » des eaux contaminées de Fukushima dans l’océan Pacifique. Une solution que craignent les voisins sud-coréens.

Depuis la catastrophe nucléaire de mars 2011, le site de Fukushima (Japon) demeure un « no man’s land » hautement radioactif, dont on ignore véritablement le degré de dangerosité.

Plus de 9 ans après l’explosion de 3 de ses réacteurs, la centrale nucléaire – ou plutôt ce qu’il en reste – ne cesse en effet de polluer la zone et notamment les nappes phréatiques.

Chaque semaine, pas moins de 1 400 tonnes d’eau radioactive sont ainsi récupérées dans les sols afin d’être stockées dans d’immenses réservoirs. Une solution qui a néanmoins ses limites.

Crédit photo : Flickr / IAEA 

« L’option la moins chère et la plus rapide »

Tepco, la société qui exploite la centrale, le sait mieux que quiconque ! Le 9 août dernier, l’entreprise - qui a été nationalisée en 2012 – a ainsi fait savoir qu’elle ne pourra plus entreposer ces eaux polluées d’ici trois ans, faute de place.

C’est pourquoi le gouvernement japonais envisage très sérieusement d’autoriser le rejet de plus d’un milliard de litres d’eau contaminée dans l’océan Pacifique, croient savoir nos confrères de RFI.

Évoquée à maintes et maintes reprises depuis le drame, cette alternative en effraie plus d’un à commencer par les ONG environnementales mais aussi et surtout le voisin sud-coréen.

Ces derniers craignent que les courants marins acheminent cette pollution marine dévastatrice dans leurs eaux territoriales.

Crédit photo : Flickr / IAEA

A ce jour, il n’existe aucune technologie fiable capable de décontaminer ces eaux radioactives. Le « rejet contrôlé » dans l’océan serait donc l’option la plus « réaliste », à en croire les experts nucléaires.

Mais ce que ces derniers ne disent pas, c’est qu’il s’agit surtout de la solution la moins coûteuse et la plus rapide.

« Déverser cette eau dans l’océan est l’option la moins chère et la plus rapide, et nous sommes convaincus que c’est ce que fera le Japon », déplore Chang Mari, représentante de Greenpeace en Corée du Sud.

« Les Coréens sont très inquiets. Nous avons besoin du soutien de la communauté internationale pour stopper le gouvernement japonais. C’est un problème qui concerne le monde entier », ajoute la militante.

Il est vrai qu’une telle solution apparaît comme aberrante quand on connaît les effets dévastateurs de la radioactivité.

Le Japon tiendra-t-il compte des conséquences désastreuses pour l'environnement ?

Rien n’est moins sûr !

Source : RFI
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